lundi 01 décembre 2008 à 09h00
CONCERT : Ghinzu (AB, 28/11)
C'était l'ambiance des grands soirs, vendredi, à l'Ancienne Belgique. L'inverse aurait d'ailleurs été inquiétant. Après pas mal de tergiversations, faux départs, et autre report de date (le concert de l'AB était d'abord fixé au mois de février), Ghinzu est sorti du bois. L'une des têtes de gondoles du rock belge, francophone en particulier, a enfin bouclé son troisième album. Trop tard que pour le faire sortir cet automne, avant le concert de l'AB, comme prévu au départ. Mais assez tôt cette fois-ci que pour déjà se permettre de proposer les nouveaux t-shirts au stand merchandising.
A 20h30, pile poil, alors qu'une partie du public fait encore la file entre le guichet de tickets boissons et le bar, le groupe monte sur scène. Dans la pénombre, John Stargasm a enfilé sa paire de lunettes noires et lance la machine avec un nouveau morceau. Une longue montée dans les tours, crescendo bruitiste et métallique qui augure du meilleur : Ghinzu n'a rien perdu de son talent à créer de longues cavalcades épiques. Voilà en tous cas une intro qui a de la gueule. En général, les nouvelles chansons passent d'ailleurs plutôt bien la rampe. Et au moment où l'on pense Ghinzu peut-être coincé dans un certain registre, il ose une sortie plus pop (Take it easy), qui relance l'intérêt. A ce stade-là, les nouvelles sont excellentes : oui, Ghinzu pourrait s'être complètement remis de ses errances et de ses hésitations pour revenir avec un disque solide.
Bizarrement, c'est à ce moment-là aussi que le fil se détend. Le groupe a changé : le batteur Fabrice a été remplacé par Tony "Babyface" Poltergeist, et Kris Dane a cédé (momentanément?) le relais au chanteur du groupe Montevideo. Est-ce pour cela que certains anciens morceaux ont du mal à décoller ? Intrinsèquement, ils n'ont rien perdu de leur potentiel. Mais ce soir-là, Do You Read Me apparaît moins tranchant que d'habitude, tandis que Dragster Wave manque d'épaisseur. John Stargasm enfile un casque muni d'une caméra et plonge dans le public faire un tour. Il va chercher également des filles au premier rang qu'il fait disparaître derrière la scène... Après s'être perdu en route, les Ghinzu retrouvent les planches, chez eux ( "on est chez nous" , sourit John Stargasm), et ils sont bien décidés à en profiter et s'amuser. Un peu comme si ne comptait finalement que le plaisir d'être enfin là. Il sera bien temps de reserrer les boulons d'ici la sortie de l'album. On pourra difficilement les en blamer. En fin de concert, un Mine explosé à l'électronique viendra d'ailleurs une nouvelle fois rappeler la force de frappe de Ghinzu. Notre curiosité n'en est que plus aiguisée...
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