11 juillet 2008 à 12h00
Lisa Margo mise à nu
Cela fait déjà un petit moment que son clip Viens chez moi traîne sur le Net. Trois mois, pour être exact. Tout ça, déjà ? C'est que la vidéo circule partout et continuellement depuis que Lisa Margo l'y a déposée, si bien qu'on ne sait plus trop quand on est tombé dessus pour la première fois. Et, depuis lors, le nombre de visionnages gonfle aussi sur Dailymotion et autres Youtube. Passé le seuil des 100 000 internautes, le phénomène prend de l'ampleur. Et chacun y va de son petit commentaire...
Pour être sûrs que l'on parle de la même chose, petite description. Le clip de la demoiselle, Viens chez moi... faire un bisou à mon minou de son titre entier (mais non officiel, précise la chanteuse), met en scène une flopée de jeunes et moins jeunes filles, se trémoussant sur un rythme très bossa-nova avec rien d'autres sur leurs poitrines que leurs mains. Le tout dicté par une voix sensuelle jouant sur les double sens. Il n'en fallait pas plus, on a là une tigresse ! Un mot, un geste, l'imagination fait le reste.
Seulement voilà. Les caricatures ont souvent la vie dure. Pourtant, il suffit de discuter quelques instants avec la belle pour se rendre compte des inepties véhiculées, celles qui la rangent toute entière dans la catégorie « érotisme » ou « chanson paillarde ». Loin de se la jouer provoc' dans la vie, Lisa se décrit avant tout comme « quelqu'un de très droit dans ses bottes. Je suis fort attachée aux réalités de la vie ». Et elle rappelle que c'est en travaillant dur avec son équipe qu'elle a pu réaliser son premier album, et préparer le second (toujours en attente d'une maison de disque). Dans lesquels on parle de quoi ? De bonheur, de tristesse, d'environnement, et autres grands thèmes de la vie. « Viens chez moi est un gigantesque gag, un délire qui nous a pris. Beaucoup de gens s'arrêtent là et ne voient pas ce que j'ai fait d'autre ». D'ailleurs, lorsqu'on lui parle du fameux morceau, nous voilà mis au défi de trouver une seule parole déplacée. « Je ne fais que parler de chats du début à la fin, insiste-t-elle. Il existe des chansons au contenu bien plus virulent et explicite. »
Alors, pas de Yelle à la sauce Waterloo (où Lisa réside), de Clara Morgane du plat pays ? Déception ! On remballe ? Pas si vite. Pas avant d'avoir souligné un détail : ce que les internautes pensent d'elle, Lisa le sait. Et l'assume : « Je relativise ce que les gens racontent, et j'en garde ce qu'il me convient. De toute façon, il y aura toujours des gens pour détruire ce que font les autres ». Quant aux thématiques de ses compositions, la chanteuse défend bec et ongles ces sujets qui la touchent, puissent-ils paraître fleur bleue : « C'est le devoir de l'artiste que de parler de ce qui le choque. Et puis, il peut y avoir un bonheur qui choque». Voilà qui est dit, non sans une pointe de cynisme.
Si Lisa sait retourner les critiques comme un gant, elle a également appris à garder les pieds sur terre. Sept ans de métier, ça aide. Consciente que cette soudaine notoriété risque de ne pas durer, elle compte bien en profiter. « J'espère que cette visibilité m'aidera pour la suite, mais je ne m'y accroche pas comme à un ballon d'air. Si cela s'arrête demain, je continuerai comme avant, tout en gardant cette expérience en mémoire ». Cette sagesse, le silence des maisons de disque y est peut-être pour quelque chose.
Comme quoi, toutes les stars du net ne se brûlent pas forcément le crâne à la Cindy Sander, lorsqu'elles se retrouvent propulsés sous le feu des projeteurs. Sur le sujet, notre interlocutrice reste prudente : « Je n'aime pas la compétition, et ne juge pas les autres juste parce que Voici et Closer en font la promo. De même, j'admire tous les artistes qui vont au bout de leurs idées ». En revanche, elle tire à boulets rouges sur le « système de société en général », qui crée des désirs difficiles à atteindre. « On ne peut pas être heureux en imaginant gagner la Starac' », conclut-elle. Bien qu'on ait pu en douter un instant, perdre à la Nouvelle Star n'est guère plus enviable. Dans tous les cas : Carpe Diem, et puis c'est tout.
Kevin Reynaerts
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